


Musiques du Monde
Un morceau de musique dansant le sirtaki
Devant l’adolescent subjugué et conquis
Par la belle brune tapant avec rage
Son Flamenco, entre langueur et courage !
Si fort pour affronter les flots à la nage
Fait écho à la flûte des Los Calchaquis

Complainte, qui oscille dans un pur fado
Entre cimes du La et profondeurs du Do
Bassin tremblant dans une danse du ventre
Fait damner, du Luth, l’âme des douze cordes !
Valse à trois temps autour du même centre
Qui, tout en tournant rond, jamais ne déborde ! …

Roulement de tambour pour l’air militaire
Soutenant fermement les instruments à vent
Force la docile troupe à se taire
Debout au garde à vous, face aux quatre vents !

Banjo frénétique et guitares sèches
Rangs de deux ou trois ou bien, en escadrilles
Et les pas sautillant des femmes en jupons
Au bras de gaillards aux visages de poupons
Au rythme des piquets et autres quadrilles
Font fi des maris partis tôt à la pêche ! …

Une debka rythmée qui prend des raccourcis
Sur les flancs escarpés des monts verts du Liban
Entend nous annoncer l’ouverture des bans
Par delà les montagnes de l’Iran Farsi ! …
Reprend côté afghan son souffle dans l’outre
Vient se purifier dans l’eau du Brahmapoutre !
Marque, au front, les femmes, dignes de Shiva
Laissant deviner sous les plis de leurs saris
Formes ensorcelantes et voix de Divas

Ces hommes qui dansent pour les belles du cœur
Les Juliette, Rachel, Hélène et autres Sarah
Et poussent, tous en chœur, d’assourdissants hourrah
Oubliant jalousie, guerre et rancœur
Buvant à pleines outres des vins liquoreux…
Ils sont, parmi les hommes, des hommes heureux !!!

Quand la belle lune, femme épanouie
Plante dans le Néguev son céleste décor :
Silence, quiétude puis chaleur de la nuit,
Soleil réticent qui part se coucher tard
Mystérieuses harmonies des cithares
Et souffle régulier, de l’âme qui fuse
Par la peau de l’outre faite cornemuse,
Deux bambous tentent quelques accords
Pour jouer de concert, même si déphasés
Et dire l’histoire pour rire ou jaser

Du violon tzigane, s’échappent des sanglots
Frissons pour guitares et pour mandolines !
Je vois, à genoux, cette foule qui prie…
Les clapotis réguliers joués par les flots
Miment les bruits des pointes des ballerines,
J’ai peine à me croire aux Saintes Maries ! …

Par les « Olé » la foule, dans son délire
Nomme son champion… Ce jeune toréador
Force les harangues, passes et esquives ! …
Tenant foule et bête sur le qui-vive…
Il retarde la mort, fait durer la joute
Avance, frôle la bête, en rajoute ! …
Champion d’un jour, que le peuple vient d’élire
Pour le vêtir de gloire et de boutons d’or ! ….
-Kamel Mrad-
Merci Kamel pour ce beau poème
Le blog de Kamel Mrad

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