
Français d'ailleurs et d'ailleurs français
Ton histoire remonte à celle de ta famille
Et la leur commence là où ils sont nés
Si tu es des bleuets, Val fourré ou charmilles
Eux de l’autre rive de la méditerranée !...

Tu peux avoir souffert de ta propre famille
Et des affres des couples lorsqu’ils s’éparpillent
N’avoir jamais reçu d’utiles repères
D’une mère défaillante et en l’absence de père !...
Tu n’as nul droit de vivre dans la colère
Et d’user de violence sitôt contesté
Tu es en droit de ne pas te taire
De prétendre à ta place pour pouvoir exister !...

Je peux comprendre que tu puisses « avoir la haine »
Contre les décideurs qui t’ont mis des chaînes !...
Sans jamais entendre tous tes cris de douleur
Qui t’ont mis nulle part du fait de ta couleur !...

Je peux comprendre que l’on puisse « te soûler »
Lorsque l’on te parle de ces voitures brûlées
Quand tu donnes libre cours, la nuit, à la violence
Toi, objet de l’oubli, brûlant d’impatience !...
Tu pourrais chaque jour, jouer au héro
Tu pourrais chaque jour, te rendre utile
Refuser de te plaindre comme Caliméro
Et ne plus être passif devant le temps qui file !...

J’accepte que tu sois allergique aux études
Personne ne t’a aidé ni servi de guide
Pour calmer ta rage ou ta solitude
Seule la télé a pu remplir ce vide !...

J’accepte que tu dises : « je préfère sortir »
Retrouver les autres dans les cages d’escalier
Jouir de la chaleur que le groupe peut offrir
Et nier le mépris qui rend fou à lier !...

J’accepte ta passion pour les jeux vidéo
Et tes plaisirs pervers, je peux m’en arranger
Mais je ne peux te suivre quand tes rodéos
Mettent la vie de tant d’innocents en danger !...

Tu peux, à ta guise dérober des voitures
Exhiber fièrement tes points de sutures
User de poudre d’ange, de Hasch ou de crack
Jouer, selon les cas, de ta couleur de black…

Tu peux t’abonner à tous les petits boulots
Jouer au hasard et espérer le gros lot
Ouvrir et piller les sacs en un tournemain
Et dire que ton avenir est sans lendemain !...

Tu peux refuser toute idée de labeur
Et crier au racisme parce que tu es beur
T’inscrire aux Assedic, toucher le RMI
Choisir de passer ton temps, avec tes amis
Ceux qui dorment le jour et vivent que la nuit
De fastes prétendus et qui se soûlent d’ennui !...

Pour ceux qui comme toi, ainsi, se conduisent
Méprisant le système pour avoir perdu prise
Que d’efforts ils consacrent pour le dénigrer
Depuis que leurs pieds ont raté les étriers !...

Pour qui les contredit, ils crient au raciste
Par le geste violent, par le verbe ils insistent
A qui peut les entendre ils se disent victimes
Des âmes que la violence égare et abîme !...
Leurs relations aux autres sont depuis rompues
Vaines, inutiles et mascarade corrompue !...

Battez et coupez puis tirez les cartes,
Ce sont les mêmes noms qui, souvent, ressortent
D’entières fratries frappées par la paresse
Se dévouent en secret à ce genre de business :
Braquages, recel, économie parallèle
Où ils déploient force ruses et zèle
Et s’il n’y en a pas assez, un zeste de poudre
Permet aux radicaux de mieux en découdre
De pouvoir tenir tête aux forces de l’ordre
Et d’être simplement cause de désordres !...

Rien n’est dans leurs gènes, rien qui soit inné !...
Qui aurait pu prévoir une telle destinée ?
L’image donnée d’eux tiendrait plus du leurre
Chez le français moyen elle fait naître la peur
Qui mène le plus souvent au tout sécuritaire
Opposition rêvée à tout contestataire !...

Voici pèle mêle et en toute sincérité
Parmi tous les clichés, ceux, les plus usités
Ceux qui n’ont qu’un seul but : Celui de dénigrer
En masse et sans distinction, tous les émigrés
Les mettre en exergue, plus qu’ils n’imaginent
Français dont on aime rappeler l’origine
« Biques, melons », adjectifs que l’on débine
Aux français qui sont de naissance maghrébine !...
Pour qu’un jour, justice leur soit enfin rendue
Il convient de les voir en tant qu’individus
Des bons, des mauvais, des heureux, des aigris
Déclinés sans honte sous tous les tons du gris
Du Noir et du Jaune ou de toute autre couleur
Sans mépris ou négation, source de douleur !...

C’est une minorité, de nuisibles microbes
Qui permettent à certains ces propos xénophobes :
« Qui vole ? Les arabes !... Tout le monde le sait…
Dehors les étrangers ! Ils n’ont qu’à se casser !...
Ils nous ont envahis, Abdel, Sami et Amor
Le meilleur des arabes est un arabe mort »

Tous dans le même panier, haro sur le baudet
Voici le Front, raciste, soudé par ces idées
Ainsi les fausses rumeurs, mêlées aux vraies,
Nous privent d’extraire la graine de l’ivraie…
L’émigré moyen, se trouve culpabilisé
Et la peur du peuple, de fait, exorcisée !...

Si le fer est tordu, comment le remettre droit ?
Comment rendre justice aux faibles agressés
Autant dans les faits que dans leur bon droit
Et adoucir les griefs des âmes blessées ?

Des modérés voudraient leur donner leur chance…
Et quoique parmi eux certains perdent patience
En bons pères de famille, pour mieux les comprendre,
Ils ouvrent leurs portes pour mieux les entendre

Comités de soutien et autres associations
Nés d’un besoin réel ou par simple compassion
Fleurissent pour promouvoir par gestes maladroits
Estime et dignité pour le moins en droit
Des bouffées d’air pur, quelques fleurs de printemps
Vœux pieux inconsistants et qui ne durent qu’un temps !...

Rien n’a abouti du concept intégration
Utile pour ceux qui fuient toute vraie solution
Autant que la discrimination positive
Amenée d’outre-atlantique de façon hâtive…
Cherchons plus avant pour mieux les reconnaître
Français dans cette France qui les a vus naître

Sauvageons, « racaille à nettoyer au Karcher »
Nos politiques jouent à faire monter les enchères
Ils disent de mettre en place une troisième voie
Procédure qui amène le maximum de voix
Pour gagner les suffrages, remportant la timbale,
Tout le temps qu’ils mènent leur joutes électorales !...

Ecoute mes paroles, donnes-toi une chance
Je suis l’un des tiens, je connais ta souffrance
Rejette tous les griefs nourris dans le rejet…
Né dans l’hexagone tu n’es pas un étranger
Car Français tu es, et nul pour le contester
Le droit du sol fixe la nationalité !...
La France te verra, berceau des Laïques,
La reconnaître enfin comme ta République !...

Donnes à ce pays, son crédit de chance
Autant qu’il t’en offre, et nommes-le Ta France
Daigne lui réserver le bénéfice du doute
Afin qu’en retour, il t’ouvre toutes ses routes !...

Sois patient alors, et laisses les médire
Contentes toi d’offrir ton plus joli sourire
Sourire fort à propos pourrait même tuer…
Mais en as-tu besoin, si tu sais qui tu es ?!...

-Kamel Mrad-
Merci Kamel pour ce beau poème offert
Le blog de Kamel Mrad

|