
MON PEUPLE
Je suis né d’un peuple qui peut manier l’épée Autant que le verbe voire davantage ! ... Peuple de parole !... qualifié d’excessif ! ... D’épithètes en attributs, il s’habille d’adjectifs Ses biens , ses traditions sont ses seuls bagages. Voyageur et nomade… sa vie une épopée !… 
Je suis né d’un peuple sans autre héritage Que son franc-parler parvenu jusqu’à nous Avec des mots si doux que par delà les âges Il dit ses exploits et sa cour assidue . Je sens du poète, la gorge qui se noue Faible face au destin et son amour perdu ! ... 
Je suis né d’un peuple fier de ses racines Qui manie la rime comme il manie l’épée Qui flatte l’adversaire à le défier... Il construisait ses vers bien avant Racine Défis et idylles, vantaient son épopée Sa poésie sans faille déjà codifiée. 
Je suis né d’un peuple qui manie l’hyperbole Comme il manie le fer ! Qui ne rompt ni ne fuit, Qui élève, à force de paraboles L’ennemi… pour qu’il soit digne de lui ! ... 
Je suis né d’un peuple aujourd’hui à la traîne Qui délaisse ses mœurs et son identité. Il suit cet occident qui le guide et l’entraîne, Confiant et docile sans en rien s’inquiéter, Il répète sans cesse cette rengaine : Civilisation ! Espoir ! Lui qui a été !... 
Je suis né d’un peuple à l’âme bien née Fier de sa différence et de sa peau basanée Certains même au prix fort font tout pour l’avoir En prenant pension dans des hôtels dortoirs 
Amenant surtout, de nombreuses devises Usent du pays, à leur gré et à leur guise Pour eux les richesses, ils laissent des miettes « Buvant » sa jeunesse pour des cigarettes ! ... 
Je suis né d’un peuple longtemps dominateur Inventif, créatif dans l’art et dans les sciences L’occident alors n’était qu’au moyen âge, Attentif et impatient de prendre le relais !... Ce fut pour mon peuple les guerres de palais, Luttes de pouvoir, qui firent des ravages. L’homme devint loup pour l’homme, et la peur ! ... Inconsciemment lui pourrissait l’existence !... 
Ce peuple inventif fût frappé de sclérose Ce peuple créatif fût frappé de torpeur Par des règles aveugles conçues dans les cours Par des monarques iniques, autant que sourds Dont l’unique but, est de maintenir la peur Afin que dans le peuple personne n’ose ! ... 
Je suis né d’un peuple aujourd’hui servile, Dont le seul souci consiste à survivre Quelle que soit la rançon qu’il faudra payer ! ... Fût-ce avec ces riches, nouveaux prédateurs Qui le tiennent en laisse de force et par peur ; Il accepte commerce et consent à frayer Dansant, chantant... jouant aux cartes... ivre Voilà quelques raisons qui justifient l’exil ! ... 
Jouissant de mon pays, ils usent et abusent Consommant la moelle servie à leur guise Déployant pour ce faire jusqu’à mille et une ruses Pour profiter à fond... Telle est leur devise ! ... 
Je suis né d’un peuple aujourd’hui servile Un vieil homme fatigué grabataire et sénile Un vieil homme qui vit des souvenirs du passé Comme si dans son horloge un ressort était cassé Et qui se contente assis de siroter du thé Se racontant à lui-même le peuple qu’il a été : Le temps des Avicenne et autres Averroès Malgré leurs savoirs, humbles dans la Sagesse 
Ce temps où l’occident vivait dans l’ignorance Il s’était fait lien entre Rome et Byzance Devenu comptable de l’héritage Grec(que) Il portait le savoir de Rabat à la Mecque. 
Le temps des arabes parcourant les routes Inventant le zéro et la pierre de voûte, Disant toutes les nuits de la Schéhérazade Avant ces armées venues pour les croisades Avant Jean de Lafontaine pour dire ses fables La grandeur de ce peuple s’enfonçait dans le sable ! 
-Kamel Mrad- Merci pour ce beau poème offert Kamel Le Blog de Kamel Mrad

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